Thursday, May 10, 2007

 

Travaux des élèves de Liège (Belgique)




Graffiti :
art ou vandalisme ?






QU’EST-CE QU’UN GRAFFITI ?

Un graffiti est une inscription ou un dessin tracé, peint ou gravé sur un support qui n'est normalement pas prévu à cet effet.
Essentiellement constitué d'un remplissage et d'un contour d'une couleur différente, le graffiti a rapidement pris de l'ampleur sur l'ensemble du globe.
Le mot est un emprunt à l'italien, de même sens qu'en français ; si le singulier du terme italien est bien graffito, il est préférable d'utiliser la forme francisée un graffiti / des graffitis.


Le graffiti est un mouvement très controversé que l'on pourrait voir de deux manières diamétralement opposées: art ou vandalisme?

Il existe en effet plusieurs catégories de graffeurs :
· certains revendiquent le « coté sauvage » du graffiti ;
· d'autres essaient de le faire accepter et pourquoi pas apprécier...




Les œuvres que les jeunes graffistes réalisent, ne sont pas toujours considérées comme une contribution au paysage urbain et sont même parfois vues comme une pollution de l'environnement, trop souvent considérées comme de simples actes de vandalisme, une dégradation gratuite.

Le graffiti, à démarquer des graffitis en tant que simple inscription griffonnée, peut pourtant se révéler être une réelle activité esthétique…


Mais en quoi représente-t-il un réel moyen d'expression artistique ?

Les différentes formes de graffitis

1- Les graffitis vandales
Le « vandalisme » est certainement la forme la plus en marge du graffiti.
En effet, c'est le mode d'expression qui requiert le moins de « recherche graphique » : c'est donc la facette du graffiti la moins appréciée de la population urbaine.
Le vandalisme pur a beaucoup d'aspects : ce sont les tags, le gravage et les stickers. a. Les tags


Les tags sont de simples signatures (inscriptions sauvages) souvent illisibles pour les personnes non-initiées et très présents dans le paysage urbain du fait de leur rapidité et de leur facilité d'exécution.

Les cibles principales du taggueur sont les rues, les intérieurs et les extérieurs de trains, les affiches dans le métro, ainsi que de nombreux autres supports...


b. Le gravage
Le gravage est devenu depuis quelques années un fléau sans précédent. Il s’agit du vandalisme des vitres et des carrosseries des trains et métros. Dans ce cas, les tags ne sont plus dessinés à l’encre mais gravés directement sur les fenêtres des transports en commun avec des pierres coupantes, des bougies de voiture, de la porcelaine ou encore des pierres à aiguiser les couteaux.

Le gravage est irrémédiable : la vitre ciblée doit alors être remplacée : il n'y a aucune autre échappatoire possible. Cela coûte des sommes très importantes aux entreprises de transport qui ne cessent de réfléchir à des moyens d'éviter ces déflagrations.

De plus, certains tagueurs vont même jusqu'a graver leur pseudo sur la carlingue des train. Dans ce cas, l'inscription reste à vie.

c. Les stickers


Les « stickers » (autocollants) sont aussi très répandus et utilisés par la plupart des tagueurs : il suffit d'écrire son « blaze » (mot désignant le pseudonyme utilisé) sur une étiquette autocollante et de coller celle-ci sans risque dans la rue, sur un panneau de circulation ou dans les transports en commun.









2- Les graffitis illégaux
Les graffs illégaux sont le but suprême du graffiti : se faire voir par un maximum de monde.
Autre forme de graffiti, ce sont des pièces plus ou moins importantes traduisant tout de même plus d'effet artistique (lettres en relief, ombrages, deux couleurs minimum...) qu’une grossière signature. Ils sont donc faits en plus de temps que les graffitis vandales et ont une valeur artistique bien plus élevée.

3- Les graffitis légaux ou tolérés


Les graffs légaux ou tolérés, appelés aussi « fresques », sont exécutés sans contrôle du temps (qui peut être de l'ordre de quelques heures ou de plusieurs jours selon les cas) ni contrainte judiciaire.
Cela donne une œuvre encore plus artistique, avec de nombreuses couleurs, des effets de lumière et des dégradés divers.

La maîtrise totale de la bombe aérosol est alors indispensable pour la réalisation de ces fresques en couleur.

De plus, des peintres travaillant au pinceau peuvent se joindre au graffeur, afin de créer un ensemble homogène où les techniques murales se mélangent.

Étude d’un graff dans un ghetto américain
Le graff, tout comme le rap, a la particularité d’exprimer la vie réelle des quartiers les plus pauvres : c’est ce qui relie ces deux disciplines à une même culture : le mouvement hip-hop. Les adeptes de la « hip-hop nation » se qualifient eux-mêmes « journalistes de terrain ».
Ce graff a été réalisé au début des années 90 dans un ghetto d’une grande ville américaine. Il exprime particulièrement bien la triste réalité de ces quartiers déshérités. Comme la grande majorité des habitants du quartier, le personnage principal du graff est noir (« afro-américain »). Les têtes de mort à la place des yeux, la figure grimaçante et ses habits à la manière des gangsters des années 1930 symbolisent la mort et la délinquance. Cet homme est un dealer : toutes sortes de pilules sortent de sa manche et il tient une allumette qui lui sert à chauffer l’héroïne contenue dans une cuillère. Le sigle du dollar ($) est présent sur le revers de sa manche droite, mais il est inversé pour rappeler l’illégalité du trafic.
Le paysage coloré et le couple de danseurs, au dessus du personnage principal, montrent le paradis artificiel : le writter a sûrement voulu représenter la drogue et la prostitution omniprésentes dans le quartier. En bas à gauche, l’alcool et la violence (représentés par une bouteille et un poignard) sont aussi présents sur la fresque : ils sont dans la réalité du ghetto associés aux stupéfiants.
Les personnages et les autres éléments sont représentés de manière négative, donnant une mauvaise image du quartier, liée à la dégradation des conditions de vie. On peut tout de même se demander si ce graff n’est pas un témoignage excessif du quartier. On peut se forger un avis en sachant que la population des ghettos est avant tout noire (du fait d’une certaine ségrégation raciale) et pauvre. Au début des années 1990, par exemple, à Chicago où la communauté noire est la première communauté de couleur, parmi les Noirs âgés de 20 ans, 70% sont au chômage et une famille noire dispose, en moyenne, d’un revenu équivalent à 58% de celui d’une famille blanche. L’insécurité règne, due à la violence quotidienne qui est souvent liée à la consommation d’alcool ou de drogue (le crack, l’héroïne). En 1990, on a enregistré 849 meurtres dans l’agglomération, soit un meurtre toutes les dix heures ! Au cœur même du ghetto, le taux d’homicide a été évalué à 1 pour 1000 habitants en 1992 !

LE GRAFFITI EN TANT QU'ART




Il est communément admis que les œuvres d'Art se trouvent dans les musées, les galeries ou autres lieux appartenant au patrimoine culturel et artistique. Leurs auteurs, peintres ou sculpteurs, jouissent alors d'un statut social reconnu de tous, et détiennent le droit de définir ce qu'est, ou ce que doit être l'Art.


Mais comment déterminer objectivement ce qui révèle ou non de la création artistique ?


L'Art se définit d'une manière générale, comme " une activité entraînant une recherche, un sens de l'esthétisme. "


Si l'on s'en tient à cette définition, le graffiti semble pouvoir être logiquement considéré comme un Art…


a) Un processus de production artistique

Le graffiti intègre effectivement une notion de recherche, comme en témoigne la multiplicité des techniques mises en œuvre, qu'il s'agisse du matériel ou de la façon dont il est utilisé.

Contrairement aux idées reçues, les jeunes artistes utilisent un matériel assez varié : ainsi l'utilisation de la bombe de peinture s'accompagne de celle d'embouts spéciaux appelés caps (fatcap et skinycap) ; ou encore aiguille, qui permettent d'obtenir des traits plus ou moins larges avec un débit plus ou moins important de peinture. Ces embouts sont aussi parfois travaillés par les artistes afin d'obtenir des traits de formes personnalisés qui sont proches de celles obtenues avec un marqueur à pointe biseauté. Les marqueurs à encre ou à gouache et parfois le pinceau entrent aussi dans la conception des graffs et tags et le pochoir est aussi couramment utilisé, permettant d'obtenir un tracé net dans la réalisation de décorations qui demande beaucoup de finesse et de précision.

Par ailleurs, les graffistes utilisent et maîtrisent parfois excellemment les techniques utilisées dans la peinture plus classique tels que le trompe l'œil et la perspective, ou encore le dégradé de couleurs. Certains graffeurs arrivent même, avec une grande maîtrise des jeux de couleurs, à produire des peintures de personnages réalistes.

On peut regrouper les œuvres des jeunes graffistes en deux grandes catégories qui demandent des techniques et une maîtrise différente :
· le " Vandale ", exercé dans des conditions difficiles ou dangereuses qui regroupe les Flops, les Chromes, les Blocs, aux lettrages simples qui demandent une grande maîtrise du tracé puisque le lettrage doit être tracé très rapidement ;
· le " WildStyle " exercé dans des lieux plus surs, qui regroupe tous les lettrages plus complexes et colorés, souvent accompagné d'un fond et de personnages, qui demande plus de préparation.

D'une manière générale, il faut du temps, de la patience, de l'entraînement et donc une grande recherche pour acquérir toute ces techniques et rare sont les artistes qui les maîtrisent toutes.

Mais la création de chaque œuvre demande aussi un nouveau travail de recherche : si le " Vandale " nécessite peu de préparation et de réflexion, l'utilisation des esquisses est courante en ce qui concerne le " WildStyle ". Les lettrages sont réfléchis et d'abord travaillés sur papier, ainsi que les personnages. Leur positionnement est réfléchi de manière à donner un équilibre à l'ensemble de la fresque. De même les couleurs ne sont pas choisies par hasard, elles doivent garder une certaine cohérence selon l'effet que l'on veut produire.

Enfin, le lieu est souvent repéré à l'avance, le graffeur évalue les risques, le placement, la qualité du support.

On le voit, le graffiti peut donc être une activité artistique qui implique une grande recherche.
b) La relativité de l'esthétisme

La notion de beauté est subjective, on dit de quelque chose qu'il est beau s'il éveille un sentiment esthétique, s'il suscite un plaisir admiratif.

Or il est très difficile de définir ce qui est beau et ce qui ne l'est pas. Chaque être humain est différent et possède ses propres idées, ses propres goûts et ce qui peut être considéré comme esthétique pour quelqu'un peut ne pas l'être pour une autre personne. Ainsi le graffiti peut avoir une valeur esthétique et belle car il provoque un jugement de goût : s'il est souvent rejeté, il procure néanmoins un sentiment admiratif, au moins pour leurs propres auteurs.

Par ailleurs il est vrai que la société définit des normes et crée des groupes, des courants de pensées auxquels chaque individu adhère, et que l'on ne retient qu'un nombre très restreint d'idées reçues à partir desquelles se forme une opinion plus ou moins universelle et commune à tout le monde. Mais ce qui est aujourd'hui considéré comme marginal, pourrait être toléré voir sublimé quelques temps plus tard. En effet, les mentalités évoluent.
Par exemple, l'Art dit contemporain a longtemps été critiqué. Aujourd'hui il est loin d'être sublimé et la population semble même se sentir peu concerné mais il est toléré et considéré comme un Art. Il existe avec le temps, une forme d'acceptation des choses, qui au départ choquent.

C'est pourquoi il semble évident qu'on ne peut juger un Art qu'à partir du moment où on s'y intéresse. En effet, il faut parfois comprendre un acte, un geste une personne ou une œuvre pour en voir la beauté. Il est difficile de se limiter au côté plastique de l'art, il faut tenter de comprendre l'auteur, de voir le contexte etc. Chez l'Homme on parle alors de la beauté de l'âme ou du cœur. On ne peut pas se limiter à une image pour porter un jugement, un tableau comme une fresque ne se voient pas mais se contemplent, s'analysent.

Si l'on peut donner son avis et dire " ça ne me plaît pas " ou " je ne trouve pas ça beau " il semble par contre anormal de dire " c'est moche " sans aller plus loin. C'est avant tout l'aspect réflexif, le message qui doit être mis en avant car l'appréciation ne vient qu'après la compréhension.







c) L'existence d'un "Art Graffiti" légal...

Au delà d'un rapprochement, le graffiti est même assimilé à l'art mural lorsqu'il s'agit de graffiti légal. L'art mural est reconnu. On parle du mur peint comme de l'art de la rue, indissociable de l'environnement urbain. Art de plein air, il investit les murs comme support et participe à l'animation de la rue, s'adressant indifféremment à tout public. Il s'agit de publicités, de simples décors, de toute sorte de dessins qui recouvrent les façades des immeubles et des magasins. Des peintures en tous genres, dont certaines créations sont les œuvres de jeunes graffeurs qui les ont réalisées en toute légalité.

En effet, le graffiti légal existe, et ce sous diverses formes : on le trouve aussi bien sur des stores de magasins que sur des vêtements, car l'activité graffiti donne des idées et certains graffistes conscients de leur talent tentent de l'exploiter et se mettent aux services de certains commerçants.

L'Art graffiti existe donc et intéresse même quelques professionnels précurseurs, puisque des expositions de graffs sur toiles ont été et sont toujours organisées. Une des plus célèbres est celle du musée Boymans van Beuningen de Rotterdam en 1983.

Cependant, tous les adeptes du mouvement s'accordent à dire que le vrai support du graffiti est la rue, et les toiles ont vite laissé leur place aux murs, les galeries ne présentant souvent plus que des photos.

Le mouvement s'est donc développé dans un cadre illégal et l'aversion pour les graffitis a grandie avec le nombre de peintures recouvrant les murs. Avant l'aspect esthétique, le public ne voit souvent que l'aspect illégal et considère le graffiti comme un acte de destruction sans chercher à voir plus loin.
En effet il n'est reconnu comme un art que lorsqu'il est pratiqué légalement (toiles ; façades de magasins etc…).


Or, la notion de légalité peut-elle justifier la notion d'art ?

Le graffiti doit-il être considéré comme un art ?

Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il doit forcément être apprécié de tous…








LE GRAFFITI, UN MOYEN D’EXPRESSION


La rue a toujours été le cadre de l'expression populaire sous les aspects les plus divers : manifestations, carnavals, affichage, publicité, etc.

Il n'était par exemple pas rare, jusqu'à la fin des années 50, de voir sur les murs de rudimentaires dessins ou inscriptions gravés ou tracés.

Le plus souvent anonymes, ces inscriptions exprimaient symboliquement les sentiments divers de leurs auteurs.

Le graffiti ne semble donc être ni un acte spontané, ni un acte irréfléchi. Il exprime divers sentiments, à travers divers points de vues.



a) Du point de vue de l'artiste
Du point de vue de celui qui le réalise, le graffiti traduit souvent un sentiment d'injustice et exprime parfois une revendication directe (SOS RACISME, ENFANCE MALTRAITEE,…).

Mais en général, il est l'expression d'un certain complexe face à un manque de reconnaissance. La principale fonction d'un graff étant d'être vu, c'est un moyen de se faire connaître et d'obtenir peut-être, pour les artistes, une reconnaissance sociale qu'ils ne peuvent pas avoir à l'école ou dans leur vie professionnelle.

Le graffiti est donc un moyen de revendiquer un " droit d'exister " en s'appropriant la rue, pour de jeune artiste qui cherchent la reconnaissance.

Une des motivations premières du graffeur étant de se faire connaître et notamment de ses pairs, celui-ci se trouve donc confronté à une sévère compétition. Pour sortir du lot, il doit soit taguer plus que les autres, soit faire preuve d'une réelle originalité. Le fait d'allier ces deux qualités permet d'accéder plus vite au statut escompté.
Ce sentiment d’injustice face à la non reconnaissance se traduit donc de plusieurs manières :

· en cherchant à être connu en voyant leur nom partout, les jeunes graffistes vont opter pour des graffitis qui seront peu élaborés (flops, chromes). Mais dans le but de propager leur nom du mieux possible, les cibles choisies seront des supports tels que les autobus, les trains (on parlera de Panels, End to end, Top to bottom, Whole car) et le long de leurs voies, les camions ou encore les bordures d'autoroutes, qui sont les moyens idéaux de communiquer avec le plus grand nombre de gens. L'acharnement à peindre le plus de graffitis possibles afin d'être vu par un maximum de personnes implique un investissement considérable en temps et en risque puisqu'il s'agit de graffiti illégaux.
Un graffeur dont le nom serait présent partout, se ferait remarquer mais n'obtiendrait
pas le respect des autres si son travail n'était pas de qualité.

· c'est par la recherche de beau, de l'esthétique et par l'innovation des techniques, que l'artiste va chercher la reconnaissance. Les œuvres sont dans ce cas beaucoup plus élaborées (on parle alors de wild-style) et plus rares car elles demandent plus de temps pour être réalisées. C'est pourquoi ces graffitis beaucoup plus complexes sont souvent réalisés dans des terrains ou des entrepôts abandonnés. Multiplier des œuvres dans les terrains vagues ne permet pas vraiment d'acquérir la reconnaissance de ses pairs, sauf si elles font preuve d'une certaine originalité et d'une bonne maîtrise technique.

· il existe une grande compétition entre graffeurs, qui bien souvent, cherchent la reconnaissance de leurs pairs avant celle du grand public. Dans cette compétition la notion de danger prend toute son importance. Beaucoup de graffeurs se cantonnent à des activités illégales, considérant que c'est le seul moyen de perpétuer leur culte, et cherchent à se démarquer par la prise de risque. Les lieux choisis pour peindre seront alors très exposés et les conditions délicates, procurant ainsi au jeunes artistes la dose d'adrénaline recherchée.

b) Du point de vue de l’œuvre elle-même

Le graffiti est, pour son auteur, le lien entre le spectateur et lui même. Il est le vecteur de tous ses sentiments. Une image signifie toujours quelque chose parce qu'elle est un outil de communication, un message symbolique. Qu'il s'agisse d'un simple graffiti de base ou d'une fresque de plusieurs dizaines de mètres de long, le graff communique toujours des sentiments et peut être l'objet d'une analyse.
























c) D'un point de vue général

Le graffiti est devenu un phénomène social avec ses codes de comportement, ses lieux fréquentés, son langage et fait partie d'un mouvement culturel reconnu : le mouvement Hip-Hop.
Il exprime donc, et représente, d'un point de vue général, toute une génération.
Le graffiti représente un esprit jeune, et communique un sentiment de liberté, d'audace et d'insolence, voir même une idée de danger sans doute liée à son côté illégal.
Ceci se traduit par l'utilisation du graffiti dans la publicité. Effectivement on s'est vite rendu compte qu'une fois sorti de son contexte original, le graffiti véhicule une image qui fait vendre.
Ainsi on voit par exemple, dans certaines publicités, l'utilisation abusive du mot " graffiti ", ou encore l'utilisation d'écritures " racoleuses " largement inspirées des techniques graffitis pour attirer l'attention sur des produits qui n'ont pourtant aucun lien avec la culture graffiti.

















DES LORS, LE GRAFFITI …


… n’est sans doute pas uniquement un simple acte de vandalisme.

Il s'agit d'une réelle activité artistique et d'un moyen d'expression :

· c'est un travail réfléchi, entraînant une grande recherche, comme en témoigne le nombre des moyens et les travaux de préparation mis en œuvre pour la création d'une pièce. Son esthétisme, s'il est discuté, est apprécié lorsqu'il est compris ou lorsqu'il entre dans le cadre de la légalité.

àle graffiti semble, dès lors, pouvoir être qualifié d'Art, puisqu'il répond aux critères qui définissent ce dernier.

· l'Art Graffiti est un réel moyen d'expression qui traduit et communique un ensemble de sentiments. Il s'agit d'un outil de communication, qui permet à son auteur d'exprimer son désir de reconnaissance et de se faire "entendre". Mais, au delà des sentiments qui son propre à l'auteur, le graffiti véhicule aussi un nombre de valeurs qui son liées au mouvement lui même. En effet, intégré à la "culture Hip-Hop", qui ne cesse de prendre de l'ampleur, le graffiti colporte l'image de toute une jeunesse.
Pour cette raison, le graffiti peut être le lieu de la revendication et d'une expression non censurée, d'autant plus quand le support choisi est peu visible (murs ou portes de toilettes publiques, de parkings souterrains...) : à ce titre, le contenu des messages véhiculés, picturalement ou par des mots, se montre souvent violent, cru voire ordurier et choquant pour la morale. Le graffiti peut donc permettre l'expression indirecte (car le graffiti, même signé par un pseudonyme, reste relativement anonyme) des opinions politiques, des pensées ou des réflexions socialement réprouvées.

Par exemple, les graffitis visibles à Barcelone sont très souvent orientés politiquement : ils peuvent révéler la spéculation immobilière dont certains quartiers populaires sont victimes, font l'apologie de la liberté d'expression ou dénoncent les dérèglements urbains (bruit, salissures).

à le graffiti peut donc être définit comme un moyen d'expression artistique.


Il serait pourtant délicat de vouloir à tout prix distinguer de « bons » graffeurs respectueux de la communauté et de « mauvais » graffeurs vandales, parce que souvent, ce sont les mêmes auteurs qui produisent les plus belles fresques d'une part et qui saccagent des rames de métro, peignent sur les vitrines des boutiques, d'autre part.

La répression actuelle force cependant beaucoup à se positionner, les uns se radicalisant dans le vandalisme et les autres cherchant à être véritablement peintres, officiant notamment sur des murs autorisés.

Comments: Post a Comment



<< Home

This page is powered by Blogger. Isn't yours?